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samedi 5 novembre 2016

La collecte de jouets

J'apporte mes encouragements et mes vœux de réussite à la collecte de jouets organisée par l’agence Century21 de Trappes.

Comme l'année dernière « je le fais en tant qu'élu de Trappes persuadé de la dimension sociale de l'entreprise dans la Cité », une conviction que confirme le concours qu'apporte à cette opération l'association des commerçants de Trappes (l'ACAPS) .

« Je le fais aussi en tant que papa ... » d'un petit Adam et d'une petite Assia qui déjà sont à pied d’œuvre pour choisir parmi leurs jouets ceux qu'ils vont donner à d'autres enfants.

Oui, avec « les audacieux et non-moins dynamiques Houria et Yann Elhadj » qui dirigent l'agence Century21 de Trappes, contribuons à offrir un Noël à tous les enfants.


Car Noël est l'une de ces fêtes qui donne foi dans les beaux jours à venir.



mercredi 19 octobre 2016

Nicolas Dainville contre deux enseignants de Trappes ? Ce sera sans moi

Lettre ouverte à Nicolas Dainville, Conseiller municipal d'opposition à La Verrière.




Cher Nicolas Dainville,

Le poète Louis Aragon le dit de notre immémoriale et donc indémodable France : « Je vois Jeanne filer Roland sonner le cor » ; or depuis plusieurs jours je t'entends trompeter contre deux enseignants de ma ville qui auraient arrêtés Lorant Deutsch à Trappes comme Saladin reprit Jérusalem aux croisés !

Ciel ! Dois-je à mon tour adopter le genre épique pour te dire que non-seulement je les en félicites et qu'en plus je donne raison à la conception de l'histoire qu'ils défendent ? Je les cites : «  l’Histoire n’a pas pour but de faire aimer la France, c’est une science qui permet de comprendre le passé par une étude critique et dépassionnée. »

Pourquoi te permettre donc de les accuser de produire de l’idéologie alors qu'ils s'opposent à une histoire de bateleur, de tréteau, de supermarché et de droit d'auteur ?

En effet, je ne t'imagine guère expliquer à tes propres enfants, en suivant les pas de Péguy et des pèlerins qui mènent à Notre Dame de Chartres, que le style gothique est un art des Goths comme le soutient Lorant Deutsch dans son Métronome ! La République est enseignante quand elle place sa confiance dans la science, laquelle est portée par le savoir et sa liberté pour rendre aux Goths ce qui est aux Goths et à l'art français ce qui est à l'art français ! Cette même science qui a fait dire à l'érudit Pierre Chaunu que « Les historiens ne prévoient à coup sûr que le passé. »

Nos deux enseignants de Trappes le savent sûrement qui eux marchent dans les pas de ceux qui se sont déjà élevés avec succès devant Deutsch ! Après les avoir ci-devant félicités je ne peux que les remercier de leur détermination. Car en tant qu'élu de Trappes affilié à un groupe municipal de droite, mon devoir est de défendre le meilleur pour les enfants de ma ville. J'en trouve une réalité tangible, quand des enseignants se dressent au nom de la science, contre un auteur qui voudrait faire cas d'une connaissance historique sans même en respecter dans ses ouvrages la moindre règle scientifique.

Au fond, cher Nicolas Dainville, tu ne semble pas reconnaître de qualité scientifique à l'histoire. Pourtant cette science permet bien des méditations. Je pense aux fameux mot du général Cambronne à Waterloo que je te laisse replacer dans la dimension légendaire des Misérables de Victor Hugo : « Merde ! »

Bien sincèrement.

Stéphane Dumouchy,

Conseiller municipal d'opposition « Trappes-Citoyens »

dimanche 10 juillet 2016

Euro 2016 : une ferveur écornée ?

L'histoire familiale d'Antoine Griezmann ressemble au réaliste mariage entre les Peuples plutôt qu'à l'utopique repli identitaire de Karim Benzema. Ce dernier en a fait les frais qui, à la veille de l'Euro 2016, croyant hisser l’étendard de l'injustice au fronton de la Fédération Française de Football, a couvert les quartiers du linceul de la victimisation. Que veut-on, le chemin qui mène au choix de l'altérité est escarpé. Il fait gravir les sommets du « faire ensemble » - ce ciment de lien durable - plutôt qu'il n'engage à arpenter la morne plaine du  « vivre ensemble » où les bosquets sont autant de « communautés » perdus dans de vastes champs de blé !



Le football en particulier et le sport en général ne sont-ils pas justement une allégorie de ce « faire ensemble » ? N'y trouvons nous pas cette étroite conjugaison de la volonté personnelle et collective qui font les exploits sportifs ? L’éditorialiste Bruno Roger-Petit, a rappelé l'éclair que lança un jour Bill Shankly, ce grand footballeur et entraîneur écossais : « le football n'est pas une affaire de vie ou de mort, c'est plus important que cela ». J'y reconnais moins les accusations de Karim Benzema que les inquiétudes de Jamel Debouzze - énoncées elles aussi à la veille de l'Euro 2016. « Quand on vient des quartiers, on a une mécanique qui nous est propre. Avec un mélange de joie, de frustration et d’envie, on veut bouffer la terre entière mais avec nos potes et notre famille. » Je suis d'accord avec Jamel Debouzze tout autant qu'avec Bill Shankly. Car le football, par une popularité qui dépasse les frontières sociales et générationnelles, permet de communier de près ou de loin d'une étrange ferveur collective.



Cette ferveur a-t-elle été interdite aux supporteurs de Trappes et des autres « quartiers » de France ? Plutôt que de chercher à « cliver » le débat dans un contexte franco-français je préfère citer l'axiome d'Arrigo Sacchi, le grand entraîneur du Milan AC et de la Squadra des années 90 : « Le foot est une revendication sociale ». Dès lors, les propos de Jamel Debouzze - malhonnêtement critiqués et judicieusement retirés - deviennent terriblement audibles : «Tant qu’on ne permet pas aux quartiers d’évoluer et qu’on en fera pas des Sillicon Valley, qu'on ne leur permettra pas de s’épanouir humainement, socialement et économiquement, on «leur» en voudra toujours d’être ce qu’ils sont. » Certes, l'humoriste n'est pas pas un sociologue patenté des banlieues mais au moins s'en montre-t-il un perspicace observateur. Car ce concitoyen de Trappes a sûrement la légitimité de ceux qui trop souvent encore se jugent eux-mêmes ou sont jugés par d'autres en « indigènes » du lointain empire colonial français. Des « indigènes » cantonnés ou peut-être même reclus socialement dans ces territoires que l'oligarchie, par ses ambiguës politiques de la ville, a bien du mal à envisager comme des tremplins sociaux, les banlieues.


En ce jour de final de l'Euro 2016 je pense au grand-père Portugais d'Antoine Griezmann tout autant qu'à la précieuse déclaration de Jacques Chirac à la sortie des émeutes de 2005. Dans un message à destination des enfants des quartiers, il leur affirmait que « quelles que soient leurs origines, ils étaient tous des filles ou fils de la République ». L'Euro 2016 a-t-elle permis de rappeler cette réalité ? Je n'arrive pas à m'en convaincre.