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vendredi 19 octobre 2018

La soirée des réussites

1382. C'est le nombre de caractères que la municipalité autorise, dans le magazine municipal, au groupe Trappes Citoyens. Je reprend ce format pour donner à ce blog une série de 12 billets sur Trappes, ses habitants et sa municipalité. Voici le premier billet.



Trappes n'est pas une ville de roman. A peine est-elle mentionnée dans Kiffe kiffe demain qui a fait le succès de Faïza Guène à 19 ans. Pour mémoire, ce roman narrait en 2004 les états d’âme d'une Doria de 15 ans vivant seule avec sa mère à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis. Avec humour, il portait le témoignage de banlieues optimistes mais lucides devant les limites de l'espoir. Car dans la vie « ça ne se passe pas comme à Carrefour : y a pas de service après-vente. »
Cela frappe, les jeunes de Trappes partis sur le front irako-syrien, au profit de Daesh, sont comme Doria issus de la Génération Y. Contrairement à l'héroïne, ils auraient manqué de clairvoyance en revendiquant eux un « service après-vente ». Faïza Guène le fait dire à Doria : « c'est horrible de se dire qu'à force de subir on peut s'habituer à tout, et particulièrement au pire. » Le pire est arrivé : proportionnellement à sa population Trappes détient le record européen de départ pour le « djihad ». Pendant ce temps, la municipalité célèbre de jeunes « méritants » à La soirée des réussites. Face à la tragédie, elle pense qu'avec le temps, beaucoup de choses changent. Pour les naufragés cette politique a tout l'air d'un roman. Il commence par ces mots de Doria sur sa psychologue : « Parfois je me dis qu'elle aurait du faire proverbe chinois comme métier. » Est-ce celui de la municipalité ?

vendredi 21 avril 2017

Habitant-e-s de Trappes, votez et faites voter pour Jean Lassalle !

Le premier tour de l'élection présidentielle se déroule le 23 avril 2017 c'est-à-dire ce dimanche. Sans retenue politicienne ni arrière-pensée tactique, je vous engage à voter pour Jean Lassalle.




J'en énonce la première raison en affirmant que le clivage gauche-droite, durant cette campagne pour l'élection du président de la République, a largement été effacé au profit de quelque chose qu'il conviendra aux politologues de définir. On peut ainsi dire que Marine Le Pen est la colère et la peur, Emmanuel Macron et François Fillon l'idéologie de la finance et le mépris de classe, Jean-Luc Mélenchon la colère et l'arrogance ou encore Benoît Hamon le « clientélisme » charitable qui voudrait nous faire oublier le socialisme de Jules Renard : « Charité : hypocrisie qui donne dix sous d'attention pour recevoir vingt francs de gratitude. » 
Les adversaires de Jean Lassalle n'ont donc pas contestés sa position centrale sur l'échiquier politique mais joués sur les travers de la société française, il l'ont assigné à une identité supposée « rurale » avec l'espoir de signifier aux électeurs qu'ils ne sauraient voter pour un candidat « atypique » voir « nostalgique » sans se disqualifier eux-mêmes. Nostalgique ? Comme l'écrivain algérien Boualem Sansal l'a dit dans son « Petit éloge de la mémoire », « Sans la nostalgie et sans l'attente du lendemain, que serait la vie ? » Jean Lassalle a alors obtenu plus de parrainages que la favorite des sondages pour accéder à la course à l’Élysée, une course qu'il vit comme un ultime engagement civique auprès de ses « chers compatriotes »

Je le souligne avec enthousiasme : les « chers compatriotes » de Jean Lassalle ne sont pas que béarnais et paysans, dans l'esprit de Jean Lassalle ils sont aussi habitant-e-s des quartiers populaires. Je retiens alors comme seconde raison d'un vote pour Jean Lassalle les mots qu'il a prononcé en faveur de la soif de dignité que se reconnaissent les habitant-e-s d'une ville populaire comme la notre, Trappes. Je le cite : « Ceux qui vivent dans les quartiers font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir ». Les choses sont dites, depuis trente ans les politiques de la ville menées par les différentes majorités n'ont pas améliorés grand chose. Elles se contentent de répartir la pauvreté plutôt que les richesses au nom de « l'alpha et l'oméga » d'une politique qui n'a toujours pas démontré son caractère émancipateur : la mixité sociale. Chez Jean Lassalle donc, pas de tours d'adresse et d’escamotage, face aux problèmes il va a l'essentiel. Cela m'amène à la troisième et dernière raison d'un vote pour Jean Lassalle que je cite à nouveau : « égalité des chances sur l'ensemble du territoire »

Cette dernière raison me semble la plus importante car elle engage les politiques à nous considérer de la manière dont nous devrions l'être, c'est-à-dire comme des citoyens, des co-souverains de la République ou, comme l'a dit Jean Jaurès, « des rois parmi un peuple de rois. » Jean Jaurès, dis-je ? Oui, celui que la majorité municipale a rectifié à l'entrée Sud de la mairie de Trappes en conjuguant sa citation au singulier alors que lui la conjuguait au pluriel. Je corrige la majorité pour réhabiliter Jean Jaurès à Trappes : « Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans lesquelles elle n'est qu'un mot ».

En le faisant, je me dis que dimanche, tous ceux qui respectent notre intelligence de citoyenne ou de citoyen se réjouirons d'un choix émancipateur. Votez et faites voter pour Jean Lassalle !


Voir aussi : https://sdumouchy.wixsite.com/moncandidat2017 et cet article dans l'édition du 19 avril 2017 de Toutes Les Nouvelles de Versailles.


dimanche 10 juillet 2016

Euro 2016 : une ferveur écornée ?

L'histoire familiale d'Antoine Griezmann ressemble au réaliste mariage entre les Peuples plutôt qu'à l'utopique repli identitaire de Karim Benzema. Ce dernier en a fait les frais qui, à la veille de l'Euro 2016, croyant hisser l’étendard de l'injustice au fronton de la Fédération Française de Football, a couvert les quartiers du linceul de la victimisation. Que veut-on, le chemin qui mène au choix de l'altérité est escarpé. Il fait gravir les sommets du « faire ensemble » - ce ciment de lien durable - plutôt qu'il n'engage à arpenter la morne plaine du  « vivre ensemble » où les bosquets sont autant de « communautés » perdus dans de vastes champs de blé !



Le football en particulier et le sport en général ne sont-ils pas justement une allégorie de ce « faire ensemble » ? N'y trouvons nous pas cette étroite conjugaison de la volonté personnelle et collective qui font les exploits sportifs ? L’éditorialiste Bruno Roger-Petit, a rappelé l'éclair que lança un jour Bill Shankly, ce grand footballeur et entraîneur écossais : « le football n'est pas une affaire de vie ou de mort, c'est plus important que cela ». J'y reconnais moins les accusations de Karim Benzema que les inquiétudes de Jamel Debouzze - énoncées elles aussi à la veille de l'Euro 2016. « Quand on vient des quartiers, on a une mécanique qui nous est propre. Avec un mélange de joie, de frustration et d’envie, on veut bouffer la terre entière mais avec nos potes et notre famille. » Je suis d'accord avec Jamel Debouzze tout autant qu'avec Bill Shankly. Car le football, par une popularité qui dépasse les frontières sociales et générationnelles, permet de communier de près ou de loin d'une étrange ferveur collective.



Cette ferveur a-t-elle été interdite aux supporteurs de Trappes et des autres « quartiers » de France ? Plutôt que de chercher à « cliver » le débat dans un contexte franco-français je préfère citer l'axiome d'Arrigo Sacchi, le grand entraîneur du Milan AC et de la Squadra des années 90 : « Le foot est une revendication sociale ». Dès lors, les propos de Jamel Debouzze - malhonnêtement critiqués et judicieusement retirés - deviennent terriblement audibles : «Tant qu’on ne permet pas aux quartiers d’évoluer et qu’on en fera pas des Sillicon Valley, qu'on ne leur permettra pas de s’épanouir humainement, socialement et économiquement, on «leur» en voudra toujours d’être ce qu’ils sont. » Certes, l'humoriste n'est pas pas un sociologue patenté des banlieues mais au moins s'en montre-t-il un perspicace observateur. Car ce concitoyen de Trappes a sûrement la légitimité de ceux qui trop souvent encore se jugent eux-mêmes ou sont jugés par d'autres en « indigènes » du lointain empire colonial français. Des « indigènes » cantonnés ou peut-être même reclus socialement dans ces territoires que l'oligarchie, par ses ambiguës politiques de la ville, a bien du mal à envisager comme des tremplins sociaux, les banlieues.


En ce jour de final de l'Euro 2016 je pense au grand-père Portugais d'Antoine Griezmann tout autant qu'à la précieuse déclaration de Jacques Chirac à la sortie des émeutes de 2005. Dans un message à destination des enfants des quartiers, il leur affirmait que « quelles que soient leurs origines, ils étaient tous des filles ou fils de la République ». L'Euro 2016 a-t-elle permis de rappeler cette réalité ? Je n'arrive pas à m'en convaincre.



mercredi 4 mai 2016

Panorama des banlieues : les cinq chiffres à retenir en 2015

Le premier rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) a été remis, mardi 3 mai, à la secrétaire d’Etat à la Ville, Hélène Geoffroy. Qu’il s’agisse de cadre de vie, de conditions de logement, de précarité sociale, de santé, d’emploi, d'insertion professionnelle, d’éducation ou de sécurité, des écarts importants persistent entre les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville et leurs agglomérations environnantes. [Lire l'article]



vendredi 19 juin 2015

L’équité urbaine : un choix politique

Claude Dilain a été sénateur de la Seine-Saint-Denis et maire de Clichy-sous-Bois.

Lors des violences urbaines de 2005, il arpente nuit et jour les cités aux côtés des associatifs, pour être avec les habitants et apaiser. Meurtri par cette flambée de violences mais autant par les réactions conservatrices de ses collègues de tous bords sur les populations reléguées, il avait plaidé pour que « la République ne verse pas de larmes de crocodiles » mais ouvre les yeux sur la réalité sociale des territoires relégués.

En 2010, il s'élève avec fracas dans Le Monde le 10 avril 2010 en déclarant avoir « j'ai honte d'être le représentant impuissant de la République française ». Il s'insurge en affirmant que « la politique de la ville, si elle n'est pas défendue au plus haut niveau de l’État par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d’État successifs. » en détaillant les problèmes des copropriétés en déshérence, la détresse des habitants et l'incapacité d'une mairie seule à y répondre. Il poursuit cette action déterminée au Sénat avec la remise en 2013 d'un rapport sur les copropriétés privées à la ministre du Logement Cécile Duflot et en étant co-rapporteur de la loi ALUR. En mars 2014, il est nommé président de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH).

Il est victime d'un malaise fin février et décède le 3 mars 2015 après plusieurs jours de coma. Le président du Sénat Gérard Larcher salue en lui « un pourfendeur des inégalités territoriales et une grande figure de la politique de la Ville ». Un hommage public lui est rendu dans sa ville le 7 mars par le Président de la République François Hollande.

Je rapporte ci-dessous un entretien de Claude Dilain réalisé en 2012 pour le site Métropolitiques sur le thème de la ville équitable. Ces propos prennent à mon sens toute la force du pragmatisme.

En effet, Claude Dilain est élu maire en 1995 d'une ville très endettée - comme Trappes - et parmi les plus pauvres de France. Il réussit à équilibrer le budget et met en place une stratégie de désendettement de la ville, qui est classé A1 en 2006 par l'agence de notation Moody's : « On parle beaucoup des villes de banlieue et de manière implicite on sous-entend qu'elles sont mal gérées, dit-il. On a voulu démontrer qu'on peut être une ville pauvre et de pauvres et être très bien gérée. ». En 2010, la note progresse à Aa3 : « Nous faisons un maximum d'économies sur le fonctionnement pour pouvoir faire des investissements sans trop emprunter. On s'était fixé de ne pas emprunter plus que la moitié de ce qu'on remboursait. [Cette note] nous permet d'emprunter plus facilement avec des taux d'intérêt plus faibles. »


Contre le gaspillage budgétaire préconisé à Trappes voilà de quoi, sans doute, nourrir notre réflexion de contribuables et de concitoyens.


Les vidéos de l'entretien :



samedi 30 mai 2015

Myriam El Khomri :« Lorsque [les] conseils citoyens ne sont pas en place, il faudra compléter le contrat avant la fin 2015. C’est une exigence incontournable »

La secrétaire d’Etat à la Ville a profité de la journée nationale du réseau territorial de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, mardi 26 mai à Paris, pour dresser un premier bilan quantitatif et qualitatif de l’avancée des contrats de ville. Mais entre les documents pas encore signés, ceux qui le seront mais hors-délais et ceux ne répondant tout simplement pas aux exigences de l’Etat, Myriam El Khomri n’a pas pu cacher sa déception sur la mise en œuvre plus lente que prévue de la réforme de la politique de la ville. [Lire l'article]

mercredi 13 mai 2015

Paix et justice


Moussa, ce jeune homme de 14 ans habitant de Trappes, a été tué lors d’une fusillade vendredi 1er mai, dans notre ville… Une mort violente qui a suscité beaucoup de réactions de soutien et de fraternité. 
Face à Ali Rabeh, maire adjoint de Trappes délégué à la jeunesse et aux sports, j'ai tenté de répondre, sur le plateau de tv fil 78, aux questions de Nouraddine Agne, avec, en tête, un message constant et insistant aux autorités et aux pouvoirs publics à Trappes : justice et paix pour la famille de Moussa et les Trappistes.




vendredi 8 mai 2015

Le dernier rapport annuel de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS)

L’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS) devient en 2015 l’Observatoire National de la Politique de la Ville (ONPV). Le 6 mai dernier, il remettait son dernier rapport annuel sur la situation des quartiers et de leurs habitants bénéficiant des dispositifs de la politique de la ville.  Un rapport qui révèle une réalité économique et sociale difficile.


Pauvreté :

Les différents indicateurs concernant la pauvreté mettent en lumière l’écart qui continue de se creuser entre les zones urbaines sensibles (Zus) et le reste du territoire. La part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 987 € par mois, y est trois fois plus élevée qu’ailleurs. Les jeunes restent les plus vulnérables. Plus d’un tiers des moins de 18 ans bénéficie de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et 1 jeune sur 2 de 18-24 ans vit sous le seuil de pauvreté.


Emploi :

Plus de 48 000 contrats uniques d’insertion et 12 000 emplois d’avenir ont été créés dans les zones urbaines sensibles depuis leur entrée en vigueur.
Cependant, le taux de chômage reste 2,5 fois supérieur en ZUS (23%) qu’en dehors (9%), et le taux d’activité (part d’actifs dans la population totale) plus de 10 points inférieur dans ces quartiers. Les jeunes, les femmes, les personnes ayant un faible niveau d’étude et les immigrés sont les personnes qui rencontrent le plus de difficultés.
Autre constat : l’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur favorise l’accès à l’emploi et atténue fortement les effets de la crise économique, même s’il ne constitue pas un élément suffisamment protecteur, notamment pour les femmes, les jeunes et les immigrés. A niveau de diplôme équivalent, il subsiste des écarts significatifs de taux d’emploi entre les Zus et les unités urbaines environnantes. Ces résultats peuvent s’expliquer par un double phénomène : d’un côté des employeurs qui méconnaissent les compétences réelles des postulants résidant en Zus et de l’autre, les habitants qui souffrent d’un manque d’information face aux réalités du marché du travail.


Orientation scolaire :

Les lycéens issus de collèges en Zus s’orientent deux ans après la 3e beaucoup moins vers une filière générale en 1re (27,1 %) que ceux issus de collèges en dehors des Zus (40,4 %). Ainsi, à peine plus du quart des collégiens scolarisés en Zus s’orientent vers une filière générale en 1re. C’est notamment sur la filière scientifique que se trouvent les plus grands écarts d’orientation (8,2 points). À l’inverse, la filière professionnelle est plus suivie par les lycéens issus d’un collège en Zus que ceux d’un collège hors Zus.


Santé :

Si plus de la moitié des habitants des quartiers prioritaires déclare être « en bonne », voire « très bonne santé », quelques indicateurs dessinent une autre réalité. Les problèmes de surpoids et d’obésité sont plus fréquents (+ 6,3 points pour le surpoids et + 3,1 points pour l’obésité), notamment chez les femmes. Les adultes renoncent plus souvent aux soins et ont moins recours aux médecins spécialistes. Plus d’un habitant sur quatre a renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières au cours de l’année écoulée. Cette situation s’explique par des contraintes financières mais également par un déficit de l’offre médicale et paramédicale (délais de rendez-vous trop longs, difficultés d’accès, temps de trajets trop longs…). Autre enseignement : plus d’un résident de ZUS sur 10 (12,4 %) n’a pas de couverture maladie complémentaire (contre 6,1% dans le reste de la population). Le phénomène est sensible chez les hommes comme chez les femmes.


Conclusion :

Le rapport de l’ONZUS confirme l’urgence qu’il y a d’agir plus vite et plus fort dans ces quartiers, en matière d’emploi, d’éducation, d’accès aux soins… Il est à la fois un outil de connaissance et un cri d’alerte.
Pourtant, le rapport 2014 est le dernier publié par l’ONZUS.
Le 21 février 2014, la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine a en effet dessiné une nouvelle géographie des quartiers prioritaires, plus resserrée. Environ 1 500 quartiers prioritaires (1 300 en métropole et 200 dans les DOM-COM) ont été définis sur un critère unique, la concentration de la pauvreté calculée à partir du revenu des habitants.
L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) mesurera désormais l’évolution des inégalités et des écarts de développement au sein des unités urbaines, et évaluera les politiques publiques mises en place pour y répondre.Il lui reviendra d’exécuter, chaque année, un rapport détaillé sur l’évolution de la situation dans ces quartiers.


Onzus - Rapport 2014 (PDF – 8 Mo)

jeudi 30 avril 2015

"Changer l'image" des quartiers...

La montée en puissance des faits-divers encourage la reprise des préjugés courants sur les habitants des territoires en difficulté, qu'ils soient urbains ou ruraux. Devant ce phénomène, on ne peut que s'interroger : Pourquoi les reportages de France 2, financés en partie grâce à la redevance audiovisuelle, ne se distinguent qu’à la marge des programmes des chaînes privées aux visées commerciales comme TF1 ou M6 ? Dans un entretien accordé à La Gazette des communes Jérôme Berthaut, sociologue des médias, auteur de La banlieue du 20h, fait part de son analyse. [Lire l'entretien]

vendredi 10 avril 2015

Le Contrat de Ville de Trappes : dans le vif du sujet

La réunion publique du 8 avril a bien eu lieu. 

Avec la participation de 60 personnes et plus à l'école de musique et de danse, la place des personnes à mobilité réduite dans la ville, le déficit d'entretien municipal des voies publiques insérées aux zones de copropriétés, l'implication des bailleurs sociaux dans le contrat de ville et l'absence de création de conseil citoyens, ont mobilisés la prise de parole des habitants. 

Pour alimenter la réflexion et le débat après une présentation de la municipalité assez dense mais finalement très superficielle, je retranscris un article de l'association des maires "Ville & Banlieue". Celui-ci relate utilement les points majeurs de la circulaire signée des deux ministres, Patrick Kanner et Myriam El Khomri, qui fixe aux préfets le cadre de travail des 400 futurs contrats de ville dont celui de Trappes. 

La circulaire proprement dite est accessible ici :
  



Contrats de ville : dans le vif du sujet

par "Ville & Banlieue"


Une circulaire signée des deux ministres, Patrick Kanner et Myriam El Khomri, datée du 15 octobre, fixe aux préfets le cadre de travail des 400 futurs contrats de ville. Calendrier confirmé. Et mise au point sur une demi-douzaine de sujets majeurs.
Intercommunalité : deux cas de figure
Si la loi prévoit bien un contrat de ville porté par l’intercommunalité, signé à cette échelle par le Préfet, le président de l’EPCI et les maires des communes concernés, la circulaire dégage deux cas de figures possibles pour ce contrat de ville intercommunal : soit « un contrat unique pleinement intégré » (avec ses applications et déclinaisons locales), soit « un contrat cadre intercommunal mettant en cohérence des conventions territorialisées par commune ». Autant dire que selon les situations locales (intégration intercommunale, culture de la politique de la ville au sein de l’EPCI, nombre de villes concernées, relations villes /agglo, jeu concurrentiel ou coopératif entre les élus…) les villes pourront opter pour l’une ou l’autre formule.
Seules obligations rappelées par la circulaire : celle du contrat intercommunal pour tous les EPCI ayant la compétence « politique de la ville » ; et celle du pacte financier et fiscal de solidarité, obligatoire pour tous les EPCI signataires d’un contrat de ville… une sorte de garantie a priori pour poser les termes de la solidarité financière intercommunale.
Droit commun / politique de la ville : le bon sens enfin rétabli ?
Pas de droit commun sans un engagement contractuel. Le préfet devra veiller à ce que les collectivités locales et les autres partenaires prennent « des engagements formalisés, pluriannuels » dans tous leurs domaines de compétence.
Quant aux politiques publiques portées par l’Etat, ce sont « les conventions interministérielles d’objectifs qui en constituent le levier principal », dit la circulaire, qui demande aux préfets un « travail interservice », et précise aussi les instruments spécifiques de la politique de la ville (programme 147) qui « ne pourront être engagés qu’après la mobilisation du droit commun. Ce qui, pour correspondre à l’ordre logique des choses, était loin d’être la règle sur les territoires de la politique de la ville.
La circulaire rappelle l’obligation de mobiliser au moins 10% des fonds structurels sur les quartiers de la politique de la ville ainsi que sur les quartiers en veille active.
« Le quartier vécu » pour éviter les effets de seuil et de frontière
Après plusieurs interprétations contradictoires du ministère et du CGET sur le quartier vécu, la circulaire tranche sur ce point. Le quartier vécu n’est pas une dérogation aux périmètres en cours de définition : c’est une façon de prendre en compte l’intérêt du quartier en un sens non restrictif, en intégrant au contrat tous les services, équipements et associations « dont l’action bénéficie au contrat ».
S’agissant des territoires de veille, il est (enfin) précisé de quoi ils pourront eux-mêmes bénéficier : moyens d’ingénierie, implication du droit commun, mobilisation de la solidarité locale… notamment via « la pérennisation des PRE et des postes adultes relais au sein des associations ».
Cohérence interne et externe avec les autres politiques, schémas et documents
La circulaire insiste sur la nécessité de mettre en cohérence les trois piliers « social, urbain et économique » au sein d’un « projet intégré » travaillant aussi les interfaces et articulations « volet urbain/volet social » ou « volet urbain/volet économique ».
Elle pointe la nécessaire mutualisation des démarches entre le contrat de ville et d’autres documents ou projets thématiques, identifiés comme « des volets thématiques possibles du nouveau contrat de ville » : ainsi des PEDT et CEL, des CLS…
Enfin, elle demande que les CPER, les schémas d’accueil de la petite enfance des départements intègrent la nouvelle géographie prioritaire.
Participation citoyenne : 3 conditions non négociables
Si la philosophie générale de la participation citoyenne demeure celle de la co-construction, les principes incontournables de la démarche sont rappelés d’entrée de jeu : autonomie des acteurs, composition mixte des conseils citoyens, représentation des conseils dans les instances de pilotage des contrats. Au-delà, la circulaire admet qu’une montée en charge progressive puisse être recherchée et que des instances existantes puissent servir de matrice aux conseils citoyens, qu’il s’agisse de conseils de quartier ou de conseils consultatifs…
Rassurer les acteurs associatifs
La circulaire demande explicitement aux préfets « que le contrat de ville décline les mesures nationales de soutien aux associations de nature à simplifier leurs démarches et à leur donner davantage de visibilité, de pérennité et d’autonomie dans leurs interventions ». Pour ce faire, elle encourage la création de postes d’adultes-relais auprès des associations qui structurent la vie sociale des quartiers, et préconise pour elles des conventions pluriannuelles d’objectifs sur 3 ans stabilisant leur fonctionnement sur cette durée.
Méthode, accompagnement, calendrier
Au plan de l’organisation de l’Etat, la circulaire préconise un édifice à 3 étages : au sommet le PEDEC , le sous-préfet chargé de la politique de la ville ou un sous-préfet coordinateur ; autour de lui, une « task-force » associant les sous-préfets d’arrondissement, le DDT, le DDCSPP, le directeur de l’UT-DIRRECTE, les délégués du préfet et le délégué départemental aux droits des femmes ; au-delà, une mission interministérielle rassemblant l’ensemble des services et opérateurs de l’Etat.
Aux préfets de région, reviendront la mise en cohérence des contrats de ville signés dans leur région ainsi que l’articulation avec les CPER. Sur un autre plan, des cadres de référence et autres guides méthodologiques seront fournis aux acteurs au fil de l’eau.
Enfin, les préfets devront mobiliser leurs partenaires dans les meilleurs délais pour élaborer avec eux le cadre et les objectifs des contrats avant la fin 2014, et des contrats eux-mêmes (avec les conventions d’application pour chacun des signataires) d’ici juin 2015.

mardi 7 avril 2015

"CO-CONSTRUCTION" DU NOUVEAU CONTRAT DE VILLE ?

La majorité municipale convoque une réunion publique ce mercredi 8 avril. Elle prétend ainsi construire la politique de la ville avec les habitants, sur le territoire de Trappes. 
Toutefois, signalons que les Trappistes ne sont pas tous directement concernés par le contrat de ville. Celui-ci touche très directement les quartiers de Merisiers et de la Plaine de Neauphle dont les habitants devraient être confrontés, comme par le passé, à de nouvelles opérations de "rénovations-démolitions". 
Signalons encore que la nouvelle loi de programmation de la ville n'est pas entièrement respectée.  Ainsi, la mise en place de « conseils citoyens », qui se proposait d'impliquer l'expertise d'habitants sans condition de niveau social, culturel et d'engagement partisan n’a pas retenue l’attention des élus de la majorité. 
A Trappes, la « co-construction » apparaît donc davantage comme une façon de parler "à la mode" que comme une réalité sociale de premier ordre. Ladite "co-construction" étant réservée, selon la volonté du maire, à l'édile de Trappes lui-même, aux élus de la majorité, à des associations, et aux comités de quartiers dont nous savons tous qu'ils ne disposent ni d'une puissante autonomie d'action, ni d'une légitimité incontestable au regard des habitants.


« CO-CONSTRUCTION DU NOUVEAU CONTRAT DE VILLE
RÉUNION PUBLIQUE
EN PRÉSENCE DU MAIRE ET DES ÉLUS
MERCREDI 8 AVRIL À 19H30
À L’ÉCOLE DE MUSIQUE ET DE DANSE »