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mardi 28 novembre 2017

Trappes, témoin de la gauche « post mortem »

Depuis 2014 les élus de la gauche municipale, qu'ils se réclament de Benoît Hamon ou de Guy Malandain, passent et repassent place Jean Jaurès devant des mots que Jaurès ne reconnaîtrait pas lui-même : « Je n'ai jamais séparé la République de l'idée de justice sociale sans laquelle elle n'est qu'un mot ». Qu'est-ce donc ce mot qui ne resterait « qu'un mot » dans cette tour de Pise sémantique qui ne ressemble pas à notre grand homme ? Est-ce « la République » ou la « justice sociale » ? Ou bien « la République » est un mot et la « justice sociale » donne à la République son véritable sens ; ou bien la « justice sociale » n'est qu'une option parmi tant d'autres et « la République » se suffit à elle-même. Entre la « justice sociale » et la « civilisation morale » les Trappistes sont priés de choisir ! Pourtant, retrouvant la citation exacte de Jean Jaurès le choix est déjà fait, lequel poussé jusqu'au point final de ladite citation nous parle de discussion avec « les travailleurs » sur « les grands intérêts du travail ». Le choix est fait, dis-je ! La « justice sociale » de Jean Jaurès n'est pas une option, elle n'enfouit pas la République dans la tombe de Jules Ferry à Saint-Dié « en face de cette ligne bleue des Vosges d'où monte [...] la plainte touchante des vaincus », elle avance !
Que s'est-il donc passé qui me fasse revenir au Jaurès de Trappes ? Rien justement, absolument rien du côté des « l'idée » et de la « justice sociale ». Le 25 septembre dernier, en séance du conseil municipal, le maire de Trappes Guy Malandain a fait passer son Jules Ferry comme une lettre à la Poste... enfin presque ! Peut-être a-t-il trouvé tellement grotesque la notice biographique, rédigée pour justifier le nom de la future école de la rue Pierre Semard de Trappes, qu'il n'a pas osé la faire lire en séance par son délégué à la culture. Bien lui en a pris ! Chaque point de ladite notice biographique donnait envie d'entonner « Elle n'est pas morte » d'Eugène Potier ou de chanter à tue-tête« Sacré Charlemagne » de France Gall. La première chanson convoquée pour réveiller le souvenir de « Ferry-famine » ou de « Ferry l'affameur »aux prémices de l’insurrection parisienne de « la commune » ; la seconde, pour ne prendre que le parti d'en rire : Guy Malandain est probablement le seul membre du conseil municipal qui a réellement connu l'école de Jules Ferry... Peut-être croit-il encore à la légende qui affublait Charlemagne d'une barbe fleurie, lequel, pourtant, était imberbe !

Or, face au saugrenu, je m'attendais à une intervention magistrale de notre professeure d'histoire Sandrine Grandgambe ; je l'attends encore ! Ainsi aurais-je pu lui dire : « Je vous respecte et je vous aime ». Hélas, hors de sa chapelle, point de salut chez notre historienne pour le magistère intellectuel légué aux enseignants par de courageux dreyfusards. Je rends donc à Ferdinand Buisson les mots qu'il reçut de Elie Pécaut, lequel exprimait au premier toute sa reconnaissance pour son parti pris courageux : le ralliement au dreyfusisme lors des obsèques de Félix Pécaut, dreyfusard de la première heure et père de Elie. Mais rendant à Buisson ce qui est à Buisson, et aux Pécaut ce qui est aux Pécaut, tombe le masque de Grandgambe. Le 25 septembre dernier, notre enseignante, qui n'en n'est pas moins conseillère communautaire, conseillère régionale et qui à l'époque pouvait encore prétendre à la fonction de première secrétaire départementale du Parti socialiste, a dissipée les apparences trompeuses sur la considération qu'elle porte à sa mission de professeure : l'éducation à la liberté ! Une liberté qui ne se mesure pas seulement dans le progrès de l'instruction, mais aussi dans la défense des droits civiques : « l'obligation de ne jamais oublier, citoyen, qu'il est professeur, et professeur, qu'il est citoyen » comme le dit la fameuse délibération de la Ligue des droits de l'homme de 1901.

Soyons clairs : par son silence, Sandrine Grandgambe a investi le maire de Trappes Guy Malandain d'une autorité à laquelle il ne peut prétendre, celle d'exiger une stricte neutralité d'un enseignant dans sa vie civique. Une neutralité que même les chefs hiérarchiques de l’Éducation nationale ne sont plus en droit d'exiger ! Frappée par une étrange paralysie, le silence de Sandrine Grandgambe était assourdissant devant une notice finalement divulguée qu'aux seuls élus. Pas de stylo rouge pour corriger une biographie dont l'auteur n'a pas osé préciser que l'école du «peuple » de Jules Ferry n'était pas celle de « l'égalité des chances » ; rien pour rappeler que ladite école s'est effacée dans les années 1960 devant le constat accablant pour une grande puissance, de 15 % d'une classe d'âge au bac. Courage fuyons encore devant celui qui a prononcé en 1885 le discours énonçant les présupposés colonisateurs de la gauche française sous la IIIe République : « le premier manifeste impérialiste qui ait été porté à la Tribune » selon l'historien et journaliste français, spécialiste du Maghreb et militant anticolonialiste, Charles-André Julien. Et, passant de la thèse à l’antithèse, notre enseignante aurait-elle pu souligner au moins ce que nous devons encore au grand homme de Guy Malandain : la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté de réunion et la loi municipale qui allait faire que les maires ne seraient plus désignés par l’État mais par des conseillers municipaux directement élus par les citoyens. Mince ! Était-ce si compliqué pour une agrégée d'histoire ? Par intérêt ou par désinvolture notre partisane de Benoît Hamon a laissée s'envoler la notice ; « tant pis pour « l’intellectuel » et le « magistère » semble-t-elle penser, l'éducation et la liberté, « les idées » et la « justice sociale », que les Trappistes se démerdent avec les lubies de Malandain ! »

Doit-on s'étonner que ce soit moi, l'unique ouvrier de l'assemblée communale, qui rappelle Sandrine Grandgambe à son devoir moral de professeure ? Pas vraiment ! D'où je parle on craint les discours qui endorment sur l'éducation et la culture, lesquels n'empêchent pas Nabila de croire que « La Joconde a été peinte par Picasso ». En d'autres termes, on redoute la fausse bienveillance qui flatte et qui dans le même temps nous prend pour des cons. Dès lors, suis-je plus contrarié qu'amusé de constater que chaque hommage public qui est rendu à Trappes, depuis le début du mandat, prend l'allure du fameux « dîner » de Francis Veber, « Le dîner de cons ». « Mais pour moi, si je puis dire à l'instar de Jean Jaurès, qui n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans lesquelles elle n'est qu'un mot, je me sens bien à mon aise pour discuter avec tous les travailleurs, d'où qu'ils viennent... » Je me rassure alors que les quelques mots que j'ai adressés en séance le 25 septembre dernier au maire de Trappes Guy Malandain, me permettent de saluer la position de deux collègues de l'assemblée communale : l'ancien syndicaliste et conseiller régional communiste, Jean-Yves Gendron et le Président du groupe Les Républicains au conseil régional d’Île-de-France, Othman Nasrou.

Jean-Yves Gendron croit à la primauté de la société sur les comportements individuels, Othman Nasrou fait sienne la pensée de Soljenitsyne : « la ligne de partage entre le bien et le mal passe par le cœur des hommes ». Tous deux, d'un même pas, ont décliné l'offre d'un hommage public à Jules Ferry. Le premier pour souligner un abus d'oubli devant l'histoire de la gauche ; le second pour revendiquer une juste mémoire de l'un des pères de la République. Il m'a semblé alors qu'ils sonnaient le glas pour la gauche municipale, laquelle dans son agonie ne sait plus à quel grand homme se vouer pour justifier l'histoire de Trappes qu'elle prétend écrire... Plutôt que de s'en désespérer ou de s'en réjouir il est certainement plus utile de s'interroger sur l'abandon du dreyfusisme par la gauche, dont Sandrine Grandgambe et consorts, à l'évidence, ne considèrent plus comme un « marqueur » idéologique. Peut-être pourrons nous alors redécouvrir collectivement la conviction de Jean Jaurès: « Le courage, c'est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces... c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense.» Et ainsi donc, faire sien le refus de Ferdinand Buisson devant les fatalités et l'écrasement : le devoir de réflexion critique est la véritable obligation morale du citoyen.

Mais voici la retranscription de mon adresse au maire de Trappes le 25 septembre dernier :


« Monsieur le maire,

Je vous le dis sans détour, la morale républicaine de Jean Jaurès n'est pas celle de Jules Ferry. Celui que nous avons honoré en 2014 pense que vouloir la vérité, aller à l'idéal, comprendre le réel est le premier moment de la démocratie. Jules Ferry lui, veut créer « la religion de la patrie, une religion dit-il qui n'a pas de dissidents ».

Or, un mouvement de dissidence se constitua. On le doit à Félix Pécaut, inspecteur général, directeur de l'école de Fontenay-aux-Roses et surtout l'ami de celui qui a élaboré et appliqué les lois scolaires de Jules Ferry. Félix Pécaut a du faire preuve d'une immense patience, d'une immense détermination et sans doute d'une immense amitié pour convaincre l'héritier de Jules Ferry, Ferdinand Buisson, de rejoindre les partisans du capitaine Dreyfus.

La puissance des mots de Félix Pécaut persuaderont Ferdinand Buisson. En tout premier lieu il s'investit comme Jaurès dans le dernier combat strictement dreyfusard, celui qui doit déboucher sur la réhabilitation pleine et entière du capitaine Dreyfus par la Cour de cassation le 12 juillet 1906. Avec Jaurès encore, il contribue à faire de la loi de 1905 le texte emblématique de la nouvelle démocratie républicaine ; l'héritier de Jules Ferry passe de la « religion de la patrie qui n'a pas de dissidents » à « la liberté de conscience ».

Monsieur le maire, je ne participerai pas à ce vote. En premier lieu parce qu'on ne peut pas m'ôter ce qui me reste de gauche. En second lieu parce que ma position géographique dans cette assemblée ne me permet pas de vous convaincre de la sincérité de ma conviction. Je resterai donc spectateur de votre choix et de celle de votre majorité pour ne pas juger moi-même mon idéal : plutôt l'héritier de Ferry que Ferry lui-même, plutôt la « liberté de conscience » que la « religion de la patrie ».

Merci. »

lundi 19 juin 2017

Est-ce bien les élus qui ont été dégagés ? N'est-ce pas plutôt les électeurs ?

Le cycle de l'élection présidentielle s'est achevé avec le second tour des élections législatives. Celles-ci nous livre une Assemblée nationale composée de députés très mal élus. Ainsi, les législatives 2017 renouvellent 75 % des députés, un record sous la Ve République qui, avec presque 60 % d'abstention (57,36% exactement), a été atteint sans la majorité des citoyens. On peut alors s'interroger : La démocratie française est-elle redevenue censitaire ? La liste ci-dessous, des articles publiés sur ce blog, récapitule mon parti pris durant cette période, laquelle commence par les élections primaires ouvertes qui déjà me semblaient exclure de nombreux concitoyens. En survolant cette période je m'interroge : est-ce bien les élus qui ont été dégagés ? N'est-ce pas plutôt les électeurs ? Si oui, au profit de qui et de quoi ?


vendredi 16 juin 2017

Stéphane D. , Trappiste, électeur de gauche : « le 18 juin, je vote Jean-Michel Fourgous ! »

Pour la première fois, depuis que j'ai atteint l'âge de voter, j'accorde mon suffrage à un candidat de droite aux élections législatives. Il s'agit du maire d’Élancourt, par ailleurs Conseiller départemental des Yvelines et vice-président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, l'ancien député de la circonscription, Jean-Michel Fourgous. A une époque où l’on tient à conserver à tout prix une image progressiste, de gauche, en ayant peur d’avoir « mauvaise réputation », d’être catalogué comme un « nouveau réactionnaire » ou un suppôt de l’extrême droite, suis-je en droit de faire valoir ma liberté de penser et mon autonomie de jugement ? En effet, je crois que le candidat LR Jean-Michel Fourgous à un avantage indéniable sur la candidate de La République En Marche au second tour de la législative de Trappes, comme il l'avait au premier tour sur l'affranchi socialiste Benoît Hamon : il s'inscrit dans le camp d'un « progrès » qui n'est pas synonyme d'un « changement » sans but ni sens. Voici, en quelques mots, ce qui me permet de le dire.


Mettant un zeste de philosophie dans mes propos, je me rallie à Fichte qui, fort justement, disait qu'on n'a pas le droit de présupposer la bonté et la perfection de l'homme. Sa réflexion m'invite à ne pas décharger sur les autres les conséquences de ma propre action. Je prend dès lors, le parti de le rappeler : Jean-Michel Fourgous n'a pas craint de faire retirer son nom en 2007, d'un document qui proposait de rétablir la peine de mort pour les auteurs d'acte de terrorisme. A l'heure où, dans la famille socialiste, on jaspine sur la responsabilité de Hollande, de Valls ou des « frondeurs » face à l'effondrement du parti, n'est-il pas rassurant de voir un homme politique se reconnaître des défaillances communes avec les autres hommes en admettant qu'il s'est trompé ? Ainsi, Jean-Michel Fourgous ne veille pas sur la flamme d'une pure doctrine droitière afin qu'elle ne s'éteigne pas ; il se présente aux électeurs en homme responsable.

A propos de flamme, quittons l’Allemagne et ses philosophes pour regagner la France dont le peuple dit-on, est plus littéraire que celui des concitoyens de Martin Luther. Certes, Jean-Michel Fourgous est l'auteur de six livres qui ne relèvent ni du romans ni de la poésie ni des humanités. Il n'en n'est pas moins le partisan d'une économie de combat qui a fait dire à François Rabelais « les nerfs des batailles sont les pécunes ». Pour l'ancien député, il existe une bataille à remporter, celle de l'emploi ; elle doit se gagner en prêtant judicieusement du risque à l'épargnant et au contribuable argenté. Dans la loi du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l'économie, Jean-Michel Fourgous est l'auteur d'un amendement phare. En quelques mots, je dirai que cet amendement permet de faciliter aux gros épargnants un engagement dans des placements à risques, c'est-à-dire composés de 20% au moins de fonds risqués en actions d'entreprises. De même, il est à l'origine de l'amendement de la loi TEPA de 2007, lequel permet au contribuable assujetti à l'ISF, de diminuer une partie de son impôt en investissant au capital d'une PME. Cette mesure a permis à 73 249 contribuables d'injecter 660 millions d'euros dans le capital des PME en 2008. Jean-Michel Fourgous cherche donc les moyens de renouveler le financement de l'économie, il veut poser des actes qui comptent face au mal du temps, le chômage. 

Luther, Rabelais et les pécunes me conduisent à la Renaissance, laquelle mène à l'Italie. Enjambant les âges, je salut la mémoire de Carlo Rosselli, socialiste, antifasciste italien, assassiné en 1937. « Le socialisme, disait-il, c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». Les élèves et les parents d'élèves des quartiers populaires le savent-ils ? Quand un établissement scolaire se dote d'appareils numériques pour les classes ils le doivent en partie à Jean-Michel Fourgous. Notre candidat à la députation est l'auteur d'un rapport sur la modernisation de l'école par le numérique que, le 25 août 2009, lui commanda le premier ministre François Fillon dans le cadre d'une mission auprès du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Les conclusions dudit rapport on fait leur œuvre dans les collectivités préoccupées par l'instruction de nos enfants. Le savent-ils encore ? Jean-Michel Fourgous est un maire actif contre la réforme des rythmes scolaires. L'élu a ainsi rassemblé autour de lui un collectif de maires contre ladite réforme. Alors ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon a donc dû autoriser un assouplissement dans la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires, un assouplissement qui n'a pas marqué la fin du combat du maire d'Elancourt, Jean-Michel Fourgous : le 18 mai 2015, le Syndicat des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN) dresse un bilan négatif de la réforme devant l'Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) !


En résumé de mes propos ci-devants, la vérité, la réalité et l'idéal donne figure à un homme de droite qui, beaucoup plus que ne voudrait le reconnaître l'homme de gauche, met l'homme au centre de ses préoccupations. Ses engagements témoignent du débat permanent des mouvements libéraux et néo-gaullistes qui constituent la droite républicaine. On pourrait ainsi dire que chez Jean-Michel Fourgous il y a autant le désir de moderniser la France, qui fait de lui un gaulliste libéral, que le refus de voir la société comme nécessairement porteuse de progrès, qui fait de lui un républicain conservateur. Ainsi, peut-on signaler que dans la ville du premier ministre Edouard Philippe, le Havre, Léon Gambetta tint le 18 avril 1872 un discours qui satisferait certainement Jean-Michel Fourgous : « … il n'y a pas de remède social, parce qu'il n'y a pas une question sociale... Il n'y a pas, je le répète, de panacée sociale, il y a tous les jours un progrès à faire, mais non pas de solution immédiate, définitive et complète. » Pour mémoire, je le rappel, en 1872 le projet de la République sociale n'avait encore pris ni ses marques ni son envole, il est alors amusant de souligner que le « Jaurès d'avant Jaurès », dont la statue a été érigée à Trappes par le maire Guy Malandain, sous l'égide de Benoît Hamon, défendait justement la politique de Gambetta. Au titre de quelle expertise locale devrais-je dès-lors faire barrage à Jean-Michel Fourgous à la législative de Trappes ? Je n'en vois guère que des sectaires qui, faces au raz de marée du mouvement d'Emmanuel Macron aux élections législatives, font oublier le mot de Pierre Mendès-France, le moins gaullien des figures tutélaires de la gauche : « un plébiscite, ça se combat ». Le 18 juin, je voterai donc pour Jean-Michel Fourgous et sa suppléante centriste, Sonia Brau première adjointe au maire de Saint-Cyr-l'Ecole et conseillère départementale des Yvelines.

lundi 1 mai 2017

Le 7 mai et le 11 juin 2017, je voterai contre l'extrême droite de Marine Le Pen.

On dit que les voleurs de grands chemins demandent « la bourse ou la vie » à ceux qu'ils attaquent. C'est ainsi du moins qu'ont les faits parler au théâtre ; c'est ainsi au moins que Marine Le Pen voudrait séduire les électeurs : « Contre la droite du fric et la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple », la bourse ou la vie ! Comme un éclair sur mon vote du second tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain, je retranscris l'allocution que m'autorisa la sénatrice PS des Yvelines Catherine Tasca alors ministre de la culture de Lionel Jospin et député suppléé à l'Assemblée nationale par le maire de Trappes Guy Malandain. Ainsi, au matin du 1er mai 2002, contre le candidat du Front national à la présidentielle, Catherine Tasca convoqua les forces locales « de progrès » à la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines. Jacques Pastrie, responsable local du mouvement de Jean-Pierre Chevènement, m'y présenta au titre de « jeune de Trappes » non sans malice ; j'avais 34 ans mais à ses yeux l'espoir indéfectible que le peuple ne succombe pas aux sirènes qui se profilaient alors.A l'adresse des jeunes générations, je le rappelle pour mémoire, l'éviction du premier ministre socialiste Lionel Jospin par le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen, au premier tour de l'élection présidentielle, fut « comme un coup de tonnerre » le 21 avril 2002. Il s'en est suivi, contre le candidat d'extrême droite, l'une des manifestions les plus importante du 1er mai à Paris et en province. Ce mouvement populaire présagea la victoire écrasante du président de droite sortant Jacques Chirac, au second tour de l'élection présidentielle, par 82,21 % des suffrages le 5 mai.


Mon allocution au meeting Catherine Tasca de la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines, le 1er mai 2002.


« L'heure est au rassemblement pour dire encore une fois notre conviction : il n'y a pas de commune mesure entre l'idéal républicain et l'extrême droite.

Tout ne se vaut pas !

Des milliers de citoyens l'on rappelé le 21 avril 2002. 

Il y sont parvenus en nous faisant éprouver un sentiment que sans doute éprouvent-ils eux-mêmes tant leur choix politique semble démontrer qu'ils sont acculés.
Ce sentiment est la honte.
Nous en sortirons quand les thèses de l'extrême droite ne seront plus à l'esprit de nos concitoyens qui vivent en milieu populaire.
J'aimerais pouvoir les convaincre d'abandonner ces thèses en deux mots : mouvement social.

Peut-être me comprendront-ils mieux si j'en appel au témoignage d'un citoyen d'un pays qui a connu la pire des expériences d'extrême droite, l'Allemagne.

Écoutons le :

« L’Allemagne ne connaît pas le droit à la révolte, action qui est tout de suite considérée comme un acte criminel.
Cette révolte qui a souvent été le moteur de transformations sociales, cette possibilité de révoltes sociales, a été refoulée à cause du national socialisme, cette monstruosité qui a culminé à Auschwitz.
Ainsi, nous avons une démocratie sans histoire de luttes pour la démocratie, ce qui veut dire sans histoire de confrontations sociales.
L'Allemagne a toujours besoin d'un consensus. »

Ces propos sont de Joska Fischer, leader des Verts allemands et actuel ministre des affaires étrangères du gouvernement Shröder.

Ces propos me donnent envie de dire aux classes populaires, qu'un pays qui arrive à sortir de l'expérience de l'extrême droite reste longtemps terrorisé par la moindre revendication sociale et politique.
Ils me donnent envie de leur dire encore que si en tant que co-souverains de la République ils ont, par le suffrage universel, le pouvoir d'attirer l'attention de leurs concitoyens, ils ont aussi la liberté de ne pas choisir la politique du pire.
Nous devons enfin leur dire que s'ils n'ont plus confiance en nous, gens de gauche, nous nous avons toujours confiance en eux.
Car nous savons qu'ils sont à l'origine de nos convictions, qui, toujours, nous feront espérer pour eux cette force qu'évoquait le poète Lamartine.
Comme ce grand ancêtre de la République, nous savons que cette force permet aux petits de dire aux puissants, droit dans les yeux : « Tu as un jour pour être juste, moi j'ai l'éternité. » »


Épilogue : 


Jean Jaurès l'a dit : « Créer la démocratie en la dépassant a été, durant un grand siècle tourmenté et fécond, l’œuvre de la classe ouvrière. »
Par fidélité à ce que j'ai pensé et dit il y a quinze ans, je voterai pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle de 2017 comme je le fis pour Jacques Chirac en 2002 ; une position qui me fait prendre congé de Jean Lassalle dont la décision de voter blanc confine à l'oubli la pensée la plus concrète comme celle de Jacques Ellule : « Aujourd'hui (…) la loi de la politique est l'efficacité. Ce n'est pas le meilleur qui gagne, c'est le plus puissant, le plus habile. » Marine Le Pen me semble trop habile et trop puissante pour que je m'évite de voter pour son adversaire le 7 mai prochain.
Il se trouve néanmoins, en ce printemps 2017, que les mouvements libéraux et néo-gaullistes de la droite républicaine volent au secours de la démocratie française voulue par la classe ouvrière. Comme pour offrir un troisième tour à l'élection présidentielle j'accorderai mon suffrage au candidat de cette droite républicaine à l'élection législative de juin, Jean-Michel Fourgous.
En effet, l'extrême droite de Marine Le Pen doit trop de sa vigueur à la gauche de Emmanuel Macron et de Benoît Hamon qui, en inaugurant une « troisième voie », est devenue le pompier-pyromane de la démocratie. A ce propos, je livre un extrait saisissant du journal suisse Zeit-Fragen en 2010, qui évoque cette gauche et l'inspirateur de sa « troisième voie », le sociologue britannique Antony Giddens. Je cite : « Après la chute du Mur, les gauches européennes ne se sont guère manifestées. Puis elles se sont enthousiasmées pour la globalisation, pour la troisième voie d'Antony Giddens: on allait vers la « prospérité pour tous », surtout pour les habitants du Tiers Monde. Après une brève lutte, on en arriverait à un gouvernement mondial trotskiste. Le credo consistait à dissoudre petit à petit les États nations. On n'a pas demandé l'avis des peuples. On n'a pas dit non plus que cette évolution se produisait dans l'ombre et pour le compte de l'Empire. »
Ainsi, tout semble se passer comme si les idéaux de Marine Le Pen, de Emmanuel Macron et de Benoît Hamon devaient participer à cette étrange économie circulaire des idées où les uns produisent de mauvaises analyses dont les autres extraient le mécontentement afin de produire à leurs tours de mauvaises analyses... Je me rassure en me retournant vers Georges Pompidou : « Dans la vie des nations alterne la grandeur et la médiocrité. » Rien ne saurait donc être considéré comme perdu.

vendredi 21 avril 2017

Habitant-e-s de Trappes, votez et faites voter pour Jean Lassalle !

Le premier tour de l'élection présidentielle se déroule le 23 avril 2017 c'est-à-dire ce dimanche. Sans retenue politicienne ni arrière-pensée tactique, je vous engage à voter pour Jean Lassalle.




J'en énonce la première raison en affirmant que le clivage gauche-droite, durant cette campagne pour l'élection du président de la République, a largement été effacé au profit de quelque chose qu'il conviendra aux politologues de définir. On peut ainsi dire que Marine Le Pen est la colère et la peur, Emmanuel Macron et François Fillon l'idéologie de la finance et le mépris de classe, Jean-Luc Mélenchon la colère et l'arrogance ou encore Benoît Hamon le « clientélisme » charitable qui voudrait nous faire oublier le socialisme de Jules Renard : « Charité : hypocrisie qui donne dix sous d'attention pour recevoir vingt francs de gratitude. » 
Les adversaires de Jean Lassalle n'ont donc pas contestés sa position centrale sur l'échiquier politique mais joués sur les travers de la société française, il l'ont assigné à une identité supposée « rurale » avec l'espoir de signifier aux électeurs qu'ils ne sauraient voter pour un candidat « atypique » voir « nostalgique » sans se disqualifier eux-mêmes. Nostalgique ? Comme l'écrivain algérien Boualem Sansal l'a dit dans son « Petit éloge de la mémoire », « Sans la nostalgie et sans l'attente du lendemain, que serait la vie ? » Jean Lassalle a alors obtenu plus de parrainages que la favorite des sondages pour accéder à la course à l’Élysée, une course qu'il vit comme un ultime engagement civique auprès de ses « chers compatriotes »

Je le souligne avec enthousiasme : les « chers compatriotes » de Jean Lassalle ne sont pas que béarnais et paysans, dans l'esprit de Jean Lassalle ils sont aussi habitant-e-s des quartiers populaires. Je retiens alors comme seconde raison d'un vote pour Jean Lassalle les mots qu'il a prononcé en faveur de la soif de dignité que se reconnaissent les habitant-e-s d'une ville populaire comme la notre, Trappes. Je le cite : « Ceux qui vivent dans les quartiers font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir ». Les choses sont dites, depuis trente ans les politiques de la ville menées par les différentes majorités n'ont pas améliorés grand chose. Elles se contentent de répartir la pauvreté plutôt que les richesses au nom de « l'alpha et l'oméga » d'une politique qui n'a toujours pas démontré son caractère émancipateur : la mixité sociale. Chez Jean Lassalle donc, pas de tours d'adresse et d’escamotage, face aux problèmes il va a l'essentiel. Cela m'amène à la troisième et dernière raison d'un vote pour Jean Lassalle que je cite à nouveau : « égalité des chances sur l'ensemble du territoire »

Cette dernière raison me semble la plus importante car elle engage les politiques à nous considérer de la manière dont nous devrions l'être, c'est-à-dire comme des citoyens, des co-souverains de la République ou, comme l'a dit Jean Jaurès, « des rois parmi un peuple de rois. » Jean Jaurès, dis-je ? Oui, celui que la majorité municipale a rectifié à l'entrée Sud de la mairie de Trappes en conjuguant sa citation au singulier alors que lui la conjuguait au pluriel. Je corrige la majorité pour réhabiliter Jean Jaurès à Trappes : « Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans lesquelles elle n'est qu'un mot ».

En le faisant, je me dis que dimanche, tous ceux qui respectent notre intelligence de citoyenne ou de citoyen se réjouirons d'un choix émancipateur. Votez et faites voter pour Jean Lassalle !


Voir aussi : https://sdumouchy.wixsite.com/moncandidat2017 et cet article dans l'édition du 19 avril 2017 de Toutes Les Nouvelles de Versailles.


dimanche 9 avril 2017

Canto per ma mio : "Il chante pour ma mie"

Les internautes qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent ; après avoir marqué dans ce blog ma défiance à l'égard des primaires ouvertes du Parti socialiste, de la droite, et du centre j'ai choisi un candidat à l'élection présidentielle qui me semble être moins bateleur que tous les autres et donc le plus respectueux de nos intelligences de citoyens. Il s'agit du maire de Lourdios-Ichère et député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle.Afin d'expliquer en partie la raison de mon choix, je retranscris deux posts que j'ai commis sur facebook, partage deux montages diffusés sur ma chaîne Youtube et une photo diffusée par mon compte Twitter. Car, j'en suis persuadé, ce qui confère à la mission politique son utilité vraie et sa vraie dignité, c'est le dialogue avec le citoyen. A ce titre je ne peux que vous conseiller de consulter le parcours et le projet de Jean Lassalle sur son site de campagne jeanlassalle2017.fr


#Presidentielle2017 : je m'engage pour @jeanlassalle. Twitter, le 8 avril 2017



Introduction du lien "Qui est Jean Lassalle, candidat surprise à la présidentielle ?". Facebook, le 30 mars 2017


"Portraiturer un politique qui ne rentre pas dans la catégorie analytique de la presse nationale parisienne ne semble un problème que pour ladite presse. Il faut donc ce tourner vers la presse régionale pour comprendre la quintessence de la candidature de Jean Lassalle. On y découvre alors un candidat capable de rappeler à la France ce qu'est son génie : "la République du un pour tous, tous pour un". Cette formule fera dire aux plus pessimistes que D'Artagnan est mort à Maastricht. Comme je me tiens du côté des optimistes je dirais plutôt que Cyrano de Bergerac a bel et bien existé et que le très parisien Molière ne se gratta pas pour faire quelques emprunts à son génie.
Molière ? Au moment où commence la 22e "semaine de la langue française et de la francophonie" il est amusant de penser que la "langue de Molière" aurait pu s’appeler aussi la "langue de Cyrano" ! Rapporté à Jean Lassalle elle roule le "r" de "rocaille" et de "République" comme le faisaient nombre des fondateurs de la démocratie Française.
Cependant, qu'elle soit de Molière ou de Cyrano la langue qui sert le portrait que fait Ouest France de Jean Lassalle permet de mieux comprendre cet esprit libre. Après l'avoir lu je me dis qu'il est sans doute utile - eu égard aux autres candidats qui n'ont retenu de la série "Nounours" que la dure réalité du "marchand de sable" - d'adresser à mes concitoyennes et concitoyens de France et de facebook cette saillie du fameux Cyrano pillé par Molière : “On ne doit pas croire toute chose d'un homme - parce qu'un homme peut dire toutes choses. On ne doit croire d'un homme que ce qui est humain.”
Allé peuple de France et de facebook : "Lassalle pour tous, tous pour Lassalle !" Car franchement imaginez-vous Le Pen, Macron, Fillon, Hamon, Mélenchon et les autres aussi bien ancré que lui dans nos réalités de citoyens Français ? Nous voulions un candidat qui nous comprenne et nous respecte. Il est à porté d'urne, il est JeanLassalle."

"Trappes-en-Yvelines : Jean Lassalle me rend dingue". YouTube, le 25 mars 2017




Introduction du lien "Intégralité des interventions de Jean Lassalle au grand débat". Facebook, le 7 avril 2017


"Le troubadour est défini comme celui qui sait trouver des vers et composer les musiques, il correspond à l'idée actuelle d'inventeur ou de créateur. En écoutant et en regardant les candidat-e-s à l'élection présidentielle je me dis que #JeanLassalle est une sorte de troubadour ou de "trouveur" de la politique. Pour autant, est-ce à dire que Arthaud, Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Fillon, Hamon, Le Pen, Macron, Mélenchon, Poutou, sont le contraire de Jean Lassalle, les inévitables bateleurs d'un régime politique et financier où l'on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi et pour quels buts ? Prenons y garde ! L’illusionnisme ou la prestidigitation ne sont pas un art de la politique ; ou alors la politique n'est qu'un art de l’illusion qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes !
Il me semble alors que Jean Lassalle nous raconte l'histoire d'une injustice bien réelle qui ne saurait trouver une issue heureuse sans la libération de nos consciences d'individus et de citoyens : celle de ses enfants, fils de député, qui auront moins de chance que lui, fils de berger. N'est-ce pas notre histoire qu'il raconte à travers les siens ? Je voudrais une issue heureuse pour nos enfants et ceux de Jean Lassalle, celle de l'émancipation gagnée à la puissance de l'intelligence du cœur et de l'esprit qui forme la bonne volonté, à la force du savoir qui apprend à raisonner et à manipuler les concepts pour créer et dompter l'outil.
Or, à parler d'émancipation, je me souviens que les thèmes les plus connus des troubadours sont épiques, avec la vie des chevaliers, et lyriques avec la poésie courtoise. Ils sont aussi très souvent satiriques et comiques, moraux ou religieux, et même juridiques ou politiques.
Les votes de Jean Lassalle à l'Assemblée nationale, son chant entonné devant collègues et ministres dans ladite assemblée pour sauver un service public de sa circonscription en 2003, sa gréve de la faim pour conserver les emplois de ses administrés en 2006, sa marche de 5 000 km et plus "pour entendre la désespérance des Français" en 2013, son tour d'Europe pour dresser le constat d'une désillusion commune en 2014, et, maintenant, sa candidature à la présidentielle ont quelque chose d'épique, de lyrique, de satirique, de moral, de politique.
Le dévoilement de Jean Lassalle en troubadour habille-t-il ses concurrents à la présidentielle en bateleurs ? Comme l'a dit Charles de Gaulle “Pour faire le blocus de Monaco, il suffit de deux panneaux de sens interdit.” Depuis que la #Présidentielle2017 nous occupe, il me semble que pour sortir la #France des tours d'adresse et d'escamotage, il suffit de voter Jean Lassalle."

"Le peintre de vie et le candidat de l'allant" - Le discours de Jean Lassalle après sa marche de 5 000 km et plus en 2013, illustré par l'artiste peintre Joël Cunin. YouTube, le 20 mars 2017



vendredi 18 novembre 2016

Voterai-je aux primaires ouvertes du PS, de la droite et du centre ? Non, merci !

Le cycle des municipales de 2014 s'est achevé avec les élections régionales de 2015, celui des municipales de 2020 pourrait débuter avec les élections présidentielles de 2017. Au côté de mes condisciples de Trappes-Citoyens je suis alors tenté de voter à l'élection primaire de la droite et du centre des 20 et 27 novembre prochain. Pourtant, je n'épuiserai pas ma voix lors de ce scrutin ; je la réserve à l'élection du Président de la République dont le premier tour se déroulera le dimanche 23 avril 2017 et le second tour le dimanche 7 mai 2017.

Je doute en effet qu'une primaire ouverte associe les électeurs à une réelle prise de décision. Le taux de popularité de François Hollande en atteste cruellement !  Pour mémoire, je rappelle qu'il fut le premier candidat à être désigné en France dans le cadre d'une élection primaire ouverte, un scrutin organisé par le Parti socialiste en 2011 qui, au second tour, a vu la participation de près de 3 millions de personnes ! Devant ce constat, ma part de citoyen me donne à penser que la démocratie décidément, ne se localise pas au sommet des escouades partisanes. Et que mon bulletin de vote demeurerait fictif si ce mode de participation me satisfaisait !

Faut-il que je le souligne à l'attention de mes concitoyens ? La constitution le proclame : « aucune section du peuple ni aucun individu ne peut [s'attribuer] l'exercice [de la souveraineté nationale] ». Or, aucune loi ne réglemente les primaires en France. Peuplés de législateurs, les partis de gouvernement en sont alors réduits à demander aux électeurs participant de signer une charte et de payer une participation aux frais d'organisation. Les candidats aux primaires de la gauche et de la droite en sont déjà discrédités ; avant la victoire même ils s'inscrivent contre la République des désabusés, ils consacrent celle des enjoués où l'on ne prête la démocratie qu'aux passionnés de politique partisane.

Je souhaite, moi, des candidats qui rassemblent plutôt qu'ils n'opposent des « valeurs » ; je ne souhaite pas de scrutins primaires qui convoquent la République censitaire des enjoués. De quel droit en effet s'attribue-t-elle le droit de peser de tout son poids sur la vie publique ? Oui, ma République est de gauche dans ses profondeurs et de droite dans ses humeurs, elle m'offre tous les choix possibles au premier tour de l'élection présidentielle. A l’exception notable de tous ceux qui militent de près ou de loin pour la montée d'un nationalisme sommaire en France et en Europe. Car « le nationalisme, c'est la guerre ! » [François Mitterrand]

S'il vous plaît, ensemble, résistons !



dimanche 10 juillet 2016

Euro 2016 : une ferveur écornée ?

L'histoire familiale d'Antoine Griezmann ressemble au réaliste mariage entre les Peuples plutôt qu'à l'utopique repli identitaire de Karim Benzema. Ce dernier en a fait les frais qui, à la veille de l'Euro 2016, croyant hisser l’étendard de l'injustice au fronton de la Fédération Française de Football, a couvert les quartiers du linceul de la victimisation. Que veut-on, le chemin qui mène au choix de l'altérité est escarpé. Il fait gravir les sommets du « faire ensemble » - ce ciment de lien durable - plutôt qu'il n'engage à arpenter la morne plaine du  « vivre ensemble » où les bosquets sont autant de « communautés » perdus dans de vastes champs de blé !



Le football en particulier et le sport en général ne sont-ils pas justement une allégorie de ce « faire ensemble » ? N'y trouvons nous pas cette étroite conjugaison de la volonté personnelle et collective qui font les exploits sportifs ? L’éditorialiste Bruno Roger-Petit, a rappelé l'éclair que lança un jour Bill Shankly, ce grand footballeur et entraîneur écossais : « le football n'est pas une affaire de vie ou de mort, c'est plus important que cela ». J'y reconnais moins les accusations de Karim Benzema que les inquiétudes de Jamel Debouzze - énoncées elles aussi à la veille de l'Euro 2016. « Quand on vient des quartiers, on a une mécanique qui nous est propre. Avec un mélange de joie, de frustration et d’envie, on veut bouffer la terre entière mais avec nos potes et notre famille. » Je suis d'accord avec Jamel Debouzze tout autant qu'avec Bill Shankly. Car le football, par une popularité qui dépasse les frontières sociales et générationnelles, permet de communier de près ou de loin d'une étrange ferveur collective.



Cette ferveur a-t-elle été interdite aux supporteurs de Trappes et des autres « quartiers » de France ? Plutôt que de chercher à « cliver » le débat dans un contexte franco-français je préfère citer l'axiome d'Arrigo Sacchi, le grand entraîneur du Milan AC et de la Squadra des années 90 : « Le foot est une revendication sociale ». Dès lors, les propos de Jamel Debouzze - malhonnêtement critiqués et judicieusement retirés - deviennent terriblement audibles : «Tant qu’on ne permet pas aux quartiers d’évoluer et qu’on en fera pas des Sillicon Valley, qu'on ne leur permettra pas de s’épanouir humainement, socialement et économiquement, on «leur» en voudra toujours d’être ce qu’ils sont. » Certes, l'humoriste n'est pas pas un sociologue patenté des banlieues mais au moins s'en montre-t-il un perspicace observateur. Car ce concitoyen de Trappes a sûrement la légitimité de ceux qui trop souvent encore se jugent eux-mêmes ou sont jugés par d'autres en « indigènes » du lointain empire colonial français. Des « indigènes » cantonnés ou peut-être même reclus socialement dans ces territoires que l'oligarchie, par ses ambiguës politiques de la ville, a bien du mal à envisager comme des tremplins sociaux, les banlieues.


En ce jour de final de l'Euro 2016 je pense au grand-père Portugais d'Antoine Griezmann tout autant qu'à la précieuse déclaration de Jacques Chirac à la sortie des émeutes de 2005. Dans un message à destination des enfants des quartiers, il leur affirmait que « quelles que soient leurs origines, ils étaient tous des filles ou fils de la République ». L'Euro 2016 a-t-elle permis de rappeler cette réalité ? Je n'arrive pas à m'en convaincre.



lundi 28 mars 2016

Molenbeek, Trappes Station

Pour les services de renseignement, de nombreux quartiers français sont, à l'image de Molenbeek en Belgique, devenus hermétiques. Confronté à Patrice Ribeiro le secrétaire général de synergie-officier, l'un des deux principaux syndicats d'officiers de police français, Ali Rabeh le maire-adjoint de Trappes délégué à la jeunesse et aux sports a tenu sur la question d'étranges propos au micro de RMC : « Si on veut résumer la difficulté que nous rencontrons avec des centaines, voire des milliers de Français, quelles que soient leurs origines, et qui cherchent soit à commettre l'irréparable sur notre territoire, soit à quitter notre territoire pour aller assassiner des individus, à l'existence de quelques quartiers communautarisés, on passe à côté du diagnostic lucide dont on a besoin pour répondre frontalement à la menace qui pèse sur la France et l'Europe ». Surprenante déclaration en effet qui balaie d'un tour de langue familles de victimes, travailleurs sociaux et anciens responsables politiques qui accusent certains maires de se livrer à un clientélisme communautaire dangereux. Je propose ici un article aux propos plus sérieux qui fait le tour du problème. [Lire l'article]

dimanche 24 janvier 2016

Lundi 25 janvier à 20h30 : rencontre-débat avec Rachid Benzine.


Je relaie ici la réunion publique du collectif de Trappes et des communes avoisinantes, « Paroles à cœur ouvert » initié au début de l'année 2015. Pour mémoire, je vous rappelle que ladite réunion publique avait été annulée par décision préfectorale le 2 décembre dernier. 



Au terme de nombreuses difficultés et rebondissements, le Maire de Trappes a accepté qu'elle se tienne, salle Jean-Baptiste Clément à Trappes, le 25 Janvier prochain à 20h30, donc dans la même salle que prévu initialement.



Le collectif « Paroles à cœur ouvert » de Trappes et des communes avoisinantes - dont je suis un membre attentif et bienveillant, n’a jamais renoncé à l' organiser, tant il est vrai que la situation actuelle et « l’état d'urgence » justifient de parler à plusieurs voix des frustrations, malaises et crispations engendrés de toutes parts.

Articulée autour de l'intervention de notre concitoyen de Trappes, Rachid Benzine la réunion a pour thème : 

Le Vivre ensemble en question(s) 
Parlons de l'Islam passé et présent, 
Des représentations aux fantasmes


Pour présentation de Rachid Benzine voici l'extrait de sa note biographique sur Wikipédia :

"Né en 1971 au Maroc, à Kénitra, Rachid Benzine arrive en France, à Trappes, à l'âge de sept ans. En 1996, il devient champion de France de kickboxing.

Son centre d'intérêt est l'herméneutique coranique contemporaine. Il enseigne à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence depuis 2004, dans le cadre du Master « Religions et société », et est chercheur associé à l'Observatoire du religieux. Il donne notamment des cours à la Faculté catholique de Louvain (UCL) et à la Faculté de théologie protestante de Paris. Il a publié un article inattendu : Lire le Coran avec Paul Ricœur. Il prépare actuellement un livre sur sa lecture du Coran : La Subversion coranique (Albin Michel).

Rachid Benzine est notamment codirecteur de la collection Islam des lumières aux éditions Albin Michel, qui publie des ouvrages sur la pensée musulmane contemporaine. En 2004, il a publié Les Nouveaux Penseurs de l'Islam, dans lequel il présente des intellectuels musulmans qui préconisent une relecture du Coran à l'aune des sciences humaines."

Je complète cette note d'une bibliographie non exhaustive tirée du même wiki: 

Le Coran expliqué aux jeunes, Paris, Le Seuil, 2013, 199 p. (ISBN 9782020872355 et 2020872358, OCLC 917163313)
Mohammed Arkoun (préf. Edgar Morin), La Construction humaine de l'islam : Entretien avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel, Paris, Albin Michel, 2012 (ISBN 9782226209009 et 222620900X, OCLC 787877527)
Avec Christian Delorme, Nous avons tant de choses à nous dire, Paris, Albin Michel, 1998 ISBN 2-226-10532-8
Les nouveaux penseurs de l'islam, Paris, Albin Michel, 2004 ISBN 2-226-15180-X
avec F. Esack et J.-L. Bour, Coran, mode d'emploi, Paris, Albin Michel, 2004 ISBN 2-226-15181-8
Jalons pour une herméneutique coranique (article)
« Une lecture du Coran avec Paul Ricœur : de la révélation au texte révélateur », dans L'Homme capable : Autour de Paul Ricœur, Paris, PUF, Rue Descartes (hors série), 2006, 192 p., p. 109-116, (ISBN 2130558968 et 9782130558965) (OCLC 493226087)
(en) "Markers for reading the Koran in Between spaces", in Timmerman, Christiane, Leman, Johan, Roos, Hannelore, Segaert, Barbara (eds.), Christian and Muslim Minorities in Transition in Europe and the Middle East, Peter Lang, Bruxelles, 2009.


Avec les membres du collectif « Paroles à cœur ouvert ».

vendredi 11 décembre 2015

Le 6 décembre j'ai choisi Valérie Pécresse, le 13 décembre j'élimine Claude Bartolone.



Le second tour des régionales se déroule un mois jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis. Un carnage qui remplit nos mémoires d'images d'horreur et nos esprits de réflexions contradictoires entre rejet farouche de la criminalité terroriste et désir de comprendre les motifs de ladite criminalité. Dans ce contexte tragique, n'étions-nous pas en droit d'espérer une campagne électorale qui nous rappelle ce qu'est la démocratie ? A savoir, la culture du débat ou du conflit démocratique argument contre argument plutôt que la recherche trompeuse de l'harmonie des émotions propres aux régimes totalitaires et à la barbarie ?

En Ile-de-France ce débat projet contre projet n'a pas eu lieu. Et on le doit principalement à Claude Bartolone. Celui-ci a préféré substituer la polémique au débat dans l'espoir de rassembler son camp. Une tactique qui relève de la facilité plutôt que de la loyauté devant les difficultés que lui ont posé les idées clairement énoncées par sa principale rivale, Valérie Pécresse. Dans ces conditions, que vaut le programme de Claude Bartone ? N'a-t-il pas lui même choisi de l'ensevelir sous les gravas du débat républicain qui se sont amoncelés sous les effets du Président de la République et du premier ministre ? Son entreprise de démolition n'a-t-elle pas eu d'autre but que de culpabiliser ceux qui ne votent pas et ceux qui selon lui votent mal puisqu'ils ne votent pas pour lui ?

Je le cite : « Je suis président de l’Assemblée nationale et, plus de cinquante ans après mon arrivée en France, on me reproche de ne pas être né en France et d’avoir un père italien. Imaginez ce que ça représente pour tous les enfants des quartiers populaires issus de l’immigration ! » Qui s'étonnera que c'est le candidat en Île-de-France du président de la République François Hollande qui tient de tels propos ? Je parle bien de Claude Bartolone dont raisonne étrangement à l'issue de cette campagne les mots qu'il a prononcé en accédant à la présidence de l'Assemblée nationale : « je dois tout à la République ». N'en n'a-t-il rien appris d'autre qu'une sentence de malandrin énoncée au nom de sa propre cause : « J'ai menti, mais c'était de bonne foi » ?

Car voilà, ses propos tombent à faux quand certains à gauche cherchent à démontrer les origines de Nicolas Sarkozy sans être condamné ! Cette obsession des origines n'est-elle pas le signe que la gauche depuis quelques temps n'est plus vraiment républicaine ? N'est-il pas encore temps de s'en apercevoir ? Le 13 décembre je ne voterai pas pour un candidat dont chacune des positions semblent incarner l'abus, l'outrance et le bobard. Je vote pour le projet de Valérie Pécresse qui devant l'adversité me semble le mieux incarner la France et l’Île-de-France debouts... Rome ?


La France après le 13 novembre :

Qui vote pour Claude Bartolone ?

mardi 30 juin 2015

« Comment se fait-il que la France soit aussi régulièrement frappée par le terrorisme ? » – Sebastian Roché

Le sociologue Sebastian Roché est Directeur de recherche au CNRS, pacte-Institut d'Etudes Politiques de Grenoble, responsable du pôle sécurité et société, enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure de la Police. Dans un billet publié sur son blog, il revient sur l'attentat du 26 juin qui a frappé une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) et fait une victime. Il pointe la pénible coordination des services de renseignement et de police, ainsi que l’absence de prise en compte des phénomènes politiques et sociaux dans la motivation des terroristes.


vendredi 19 juin 2015

L’équité urbaine : un choix politique

Claude Dilain a été sénateur de la Seine-Saint-Denis et maire de Clichy-sous-Bois.

Lors des violences urbaines de 2005, il arpente nuit et jour les cités aux côtés des associatifs, pour être avec les habitants et apaiser. Meurtri par cette flambée de violences mais autant par les réactions conservatrices de ses collègues de tous bords sur les populations reléguées, il avait plaidé pour que « la République ne verse pas de larmes de crocodiles » mais ouvre les yeux sur la réalité sociale des territoires relégués.

En 2010, il s'élève avec fracas dans Le Monde le 10 avril 2010 en déclarant avoir « j'ai honte d'être le représentant impuissant de la République française ». Il s'insurge en affirmant que « la politique de la ville, si elle n'est pas défendue au plus haut niveau de l’État par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d’État successifs. » en détaillant les problèmes des copropriétés en déshérence, la détresse des habitants et l'incapacité d'une mairie seule à y répondre. Il poursuit cette action déterminée au Sénat avec la remise en 2013 d'un rapport sur les copropriétés privées à la ministre du Logement Cécile Duflot et en étant co-rapporteur de la loi ALUR. En mars 2014, il est nommé président de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH).

Il est victime d'un malaise fin février et décède le 3 mars 2015 après plusieurs jours de coma. Le président du Sénat Gérard Larcher salue en lui « un pourfendeur des inégalités territoriales et une grande figure de la politique de la Ville ». Un hommage public lui est rendu dans sa ville le 7 mars par le Président de la République François Hollande.

Je rapporte ci-dessous un entretien de Claude Dilain réalisé en 2012 pour le site Métropolitiques sur le thème de la ville équitable. Ces propos prennent à mon sens toute la force du pragmatisme.

En effet, Claude Dilain est élu maire en 1995 d'une ville très endettée - comme Trappes - et parmi les plus pauvres de France. Il réussit à équilibrer le budget et met en place une stratégie de désendettement de la ville, qui est classé A1 en 2006 par l'agence de notation Moody's : « On parle beaucoup des villes de banlieue et de manière implicite on sous-entend qu'elles sont mal gérées, dit-il. On a voulu démontrer qu'on peut être une ville pauvre et de pauvres et être très bien gérée. ». En 2010, la note progresse à Aa3 : « Nous faisons un maximum d'économies sur le fonctionnement pour pouvoir faire des investissements sans trop emprunter. On s'était fixé de ne pas emprunter plus que la moitié de ce qu'on remboursait. [Cette note] nous permet d'emprunter plus facilement avec des taux d'intérêt plus faibles. »


Contre le gaspillage budgétaire préconisé à Trappes voilà de quoi, sans doute, nourrir notre réflexion de contribuables et de concitoyens.


Les vidéos de l'entretien :