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vendredi 26 juin 2020

Othman Nasrou, de Trappes et de raison(s).




En deux expressions, les raisons qui m'ont poussé à bousculer pour Trappes, mes réflexes partisans de militant politique et syndical de gauche.

Municipale de 2014 : "La République attentive"

Municipale de 2020 : "L'appel du 26 juin"

jeudi 9 mars 2017

Maître Jacques

Étonnant maire de Trappes Guy Malandain qui en séance du conseil municipal, le 21 février dernier, n'a pas jugé utile de signaler le décès de l'ancien adjoint au maire, Jacques Pastrie. Pourtant, le directeur de cabinet du maire semblait avoir fait réception de la triste nouvelle en m'adressant par mail, le 19 février à 20h15, ces quelques mots : « Bonjour, Bien reçu. Cordialement. Rogatien Bouchereau »
L'indifférence de Guy Malandain est d'autant plus troublante qu'il est de notoriété publique que Jacques Pastrie a été l'un des artisans, si ce n'est le principal, de sa venue à Trappes.
Je publie ici l’hommage que je voulais rendre à Jacques Pastrie en séance du conseil municipal du 21 février et que j'avais préalablement adressé au maire le 19 février. Le mutisme de ce dernier ne m'a pas autorisé à le communiquer décemment à l'assemblée communale.
Je le rend public aujourd'hui au nom de mon amitié avec Jacques Pastrie et de la peine partagée avec sa famille, ses proches et ses amis.



Monsieur le maire, 
Monsieur Malandain, 
Guy, 

Notre ami Jacques Pastrie a rejoint un monde où, dit-on, la vanité et l'orgueil n'existent pas. Il s'en est allé au petit matin du 9 février dernier. Ses cendres voguent maintenant au gré des courants de l'océan Atlantique. Peut-être atteindront-elles un jour la rive du pays de ceux qu'il appelait « les Ricains »

Ce dernier voyage suspend pour toujours l'attention qu'il porta jusqu'au bout à Trappes et à son assemblée communale. Comment aurait-il pu oublier notre ville, lui qui, sous les couleurs du Parti socialiste, fut le candidat d'une cantonale en arborant un slogan sans appel pour ses adversaires politiques : « Moi, j'aime Trappes ! »
Il aimait Trappes et l'aima encore de Gouvieux, près de Chantilly, son premier exil. Son inclination ne relâchait pas dans l’île espagnole de Majorque, son second exil, d'où il tenta de couler une paisible retraite. 
Il aura fallu la mort pour que tout s'éteigne ; une mort sur le sol français, qu'il avait regagné en décembre dernier à Saint-Nazaire pour finalement y mourir en février ; une mort devant laquelle il n'a pu opposer le sarcasme grinçant de son cher Alphonse Allais : « Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain »

Guy, l'« après-demain » de Jacques est arrivé ; sans doute est-il temps que je dise publiquement ce que tu sais peut-être : il a vécu 2001 comme la trahison d'une amitié. En définitive, il n'aura jamais su si son éviction de ta liste du second tour de la municipale fut « une fuite sous un orage ou une déclaration de guerre »
Cette éviction explique bien des choses de la géographie de notre assemblée communale. Les hésitations des uns, la disparition des autres et même ma résolution de soutenir un jeune ambitieux de l'autre rive de la République, tout simplement parce que je le trouve brillant et parce qu'il respecte mon amitié. 
Jacques s'est réjoui de mon choix en 2014, pour ne pas dire qu'il l'a encouragé et soutenu. 

Or la mort efface tout et il ne reste, devant elle, que le souvenir que cultivent les vivants d'un être disparu. 

Dès lors, que pourrais-je dire à nos collègues et à nos concitoyens qui accepteraient d'honorer notre assemblée du souvenir de notre ami ? 
Que Jacques fut l'un des artisans de l'alternance de 2001 ? Ce serait un peut court et presque anecdotique. 
Que Jacques fut un autodidacte de génie dont la culture lui permettait de jouer de la langue comme d'autres le font du sabre ou du fleuret ? Ce pourrait être un bon début mais ce serait largement insuffisant. 
Non, pour honorer dignement notre assemblée de la mémoire de Jacques, un simple souvenir suffira. Car ce souvenir dit l'essentiel. 

Il faut alors que je t'emmène, Guy, à la dernière cérémonie de vœux que donna le sénateur-maire de Montigny-le-Bretonneux, Nicolas About, où Jacques m’entraîna. 
Là, je fus surpris par la complicité et la chaleur que cultivaient, entre eux, ces deux hommes que tout séparait, les idéaux politiques, la nature des études, le champ social, les cercles d'amitié et les générations, dont l'une a connu la guerre et l'autre non. 
Mais je le fus davantage encore quand on m'expliqua comment Nicolas About accepta le pacte d'amitié que, un jour, lui proposa Jacques. 

Il faut alors remonter au temps où tu n'étais pas encore, Guy, de la ville nouvelle. Ce temps où Saint-Quentin-en-Yvelines n'était encore administré ni par la Sqy, ni par la Casqy, ni par le San mais par le Scaan. Ce temps où Jacques dirigeait la rédaction de la gazette institutionnelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. 
À l'époque, Jacques prit le risque qu'on le privât de cet emploi, un risque qu'il prit au nom de ses idéaux. Des idéaux qui lui commandaient, malgré les risques encourus, d'imposer le droit d'expression de la minorité de droite à la majorité de gauche dont, pourtant, il se réclamait et qui l'employait. 

On pourrait dire, au regard de ce fait, qu'il y avait chez Jacques du Voltaire, dont tu sais le fameux mot : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire »
On pourrait dire aussi que sa lutte contre le désenchantement dressait des barricades contre l'indifférence, voire contre la défiance que les sectaires ont toujours cultivée contre la démocratie. 
Un sectarisme auquel Jacques aura opposé une arme redoutable : fédérer largement plutôt que cliver, pour constituer « le parti de l'Amitié » qui, bientôt, chez ses adversaires, allait former son corollaire, le parti de l'inimitié !

C'est le « parti de l'Amitié » qui permet d'honorer notre assemblée de la mémoire de Jacques Pastrie. Notre ami Jacques, dont l'océan transporte les cendres et dont l'âme rit sûrement, devant l'Atlantique, du mot de Henri Monnier, qu'il aimait autant qu'Alphonse Allais : « la mer : une aussi grande quantité d'eau frise le ridicule ».

Mais ce n'est là, Guy, monsieur Malandain, monsieur le maire, que le fantasme d'un vaniteux et orgueilleux vivant qui croit « aux forces de l'Esprit » : « Bibi », selon le mot même de Jacques Pastrie, notre ami, qui est mort. Et la mort efface tout. 


Merci.

vendredi 18 novembre 2016

Voterai-je aux primaires ouvertes du PS, de la droite et du centre ? Non, merci !

Le cycle des municipales de 2014 s'est achevé avec les élections régionales de 2015, celui des municipales de 2020 pourrait débuter avec les élections présidentielles de 2017. Au côté de mes condisciples de Trappes-Citoyens je suis alors tenté de voter à l'élection primaire de la droite et du centre des 20 et 27 novembre prochain. Pourtant, je n'épuiserai pas ma voix lors de ce scrutin ; je la réserve à l'élection du Président de la République dont le premier tour se déroulera le dimanche 23 avril 2017 et le second tour le dimanche 7 mai 2017.

Je doute en effet qu'une primaire ouverte associe les électeurs à une réelle prise de décision. Le taux de popularité de François Hollande en atteste cruellement !  Pour mémoire, je rappelle qu'il fut le premier candidat à être désigné en France dans le cadre d'une élection primaire ouverte, un scrutin organisé par le Parti socialiste en 2011 qui, au second tour, a vu la participation de près de 3 millions de personnes ! Devant ce constat, ma part de citoyen me donne à penser que la démocratie décidément, ne se localise pas au sommet des escouades partisanes. Et que mon bulletin de vote demeurerait fictif si ce mode de participation me satisfaisait !

Faut-il que je le souligne à l'attention de mes concitoyens ? La constitution le proclame : « aucune section du peuple ni aucun individu ne peut [s'attribuer] l'exercice [de la souveraineté nationale] ». Or, aucune loi ne réglemente les primaires en France. Peuplés de législateurs, les partis de gouvernement en sont alors réduits à demander aux électeurs participant de signer une charte et de payer une participation aux frais d'organisation. Les candidats aux primaires de la gauche et de la droite en sont déjà discrédités ; avant la victoire même ils s'inscrivent contre la République des désabusés, ils consacrent celle des enjoués où l'on ne prête la démocratie qu'aux passionnés de politique partisane.

Je souhaite, moi, des candidats qui rassemblent plutôt qu'ils n'opposent des « valeurs » ; je ne souhaite pas de scrutins primaires qui convoquent la République censitaire des enjoués. De quel droit en effet s'attribue-t-elle le droit de peser de tout son poids sur la vie publique ? Oui, ma République est de gauche dans ses profondeurs et de droite dans ses humeurs, elle m'offre tous les choix possibles au premier tour de l'élection présidentielle. A l’exception notable de tous ceux qui militent de près ou de loin pour la montée d'un nationalisme sommaire en France et en Europe. Car « le nationalisme, c'est la guerre ! » [François Mitterrand]

S'il vous plaît, ensemble, résistons !